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Les Templiers
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En 1119, le champenois Hugues de Payns en compagnie de huit autres chevaliers crée un ordre destiné à protéger les pèlerins et défendre les hommes. A l’origine, cette fondation est directement motivée par une attaque des sarrasins contre des pèlerins se rendant a Jérusalem. Hugues de Payns s’installa dans le palais du roi Baudoin II sur les soubassements de l’ancien Temple de Salomon, d’ou le nom de " chevalerie des pauvres chevaliers du Christ du Temple de Salomon " à Jérusalem. L’ordre naît également de la transformation de la notion de chevalier. Le chevalier est non seulement adonné aux prouesses physiques mais aussi, comme l’a recommandée l’Eglise (par la voix d’Urbain II a Clermont), dévoué au Christ. La notion de chevalerie a cette acceptation religieuse, sociale et morale dès l’an mil avec les institutions de paix, grâce auxquelles elle prend son essor. Cette conception fut consacré par tout le courant littéraire et artistique qui s’y rapporte : chanson de geste, roman courtois, cycle d’Arthur ou du Graal. La chevalerie est l’articulation par excellence du monde religieux et du monde laïc. Elle s’incarne à l’occasion des croisades à travers différents ordres de moines-soldats, tel que les chevaliers du temple. C’est en Occident que se définit la règle de l’ordre, et cela au cours du concile de Troyes en janvier 1129. Sous l’autorité de Saint-Bernard. Celui-ci en définit l’esprit dans le De Laude, ou éloge de la nouvelle chevalerie, qui distingue le nouveau miles Christi, le moine-soldat des " chevaliers du siècle ". La règle du Temple comporte plusieurs versions successives : celle de 1128 ou règle latine primitive, celle de 1140, la règle française… La constitution de l’ordre a été sanctionnée par la bulle "Omne datum optimum" délivrée par Innocent III le 29 mars 1139, elle dote l’ordre de privilèges et lui accorde l’exemption de la juridiction épiscopale. |
Les débuts de l'Ordre |
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Les templiers agissent conformément aux principes de la vie monastique et vivent selon une discipline toute militaire. La hiérarchie est très forte avec au sommet le maître du Temple de Jérusalem dont le rôle majeur consiste à faire respecter la règle et a gérer le trésor. Mais son pouvoir est limité, car, pour les décisions importantes et les nominations des commandeurs de provinces, il doit réunir le chapitre et obtenir son accord. Seul un miles peut être maître, élu par les seuls milites. L’élection se déroule a Jérusalem tant que l’ordre y résida (jusque en 1182 puis par intermittence). L’élection finale du maître après diverses procédures réunit 12 membres et un chapelain, les 12 membres rappelant les 12 apôtres. Cette commission désigne le maître. Un supplétif peut remplacer un membre absent. Les commandeurs des provinces se réunissent régulièrement. Ils représentent les trois provinces d’Orien, Jérusalem, Tripoli et Antioche, les provinces d’occident qui s’étendent sur l’Espagne (Castille et Aragon), l’Allemagne (Rhénanie et Bavière), la Normandie, la Bretagne, le Languedoc, Paris (en 1140). L’ordre est également présent en Irlande, en Hongrie, en Bohème, en Sicile et en Grèce. Les Commandeurs de Provinces sont appelées Grand Prieur ou Grand Précepteur. Le commandeur des chevaliers fait fonction de lieutenant des maréchaux de province. Le sénéchal haut dignitaire en second, peut succéder au maître en cas de décès de celui-ci. Le Maréchal de l’ordre est le responsable de la discipline qu’il doit faire respecter, il est également responsable militaire dans le domaine des armes, armures et chevaux. Il est présent dans chaque province comme agent d’exécution du maître. Le commandeur de la Terre et du royaume de Jérusalem est l’administrateur gestionnaire. Il commande la flotte dont le port principal est Acre. Chaque commanderie est dirigée par un Commandeur de Maison. Le chapelain relève directement du Saint-Siège. Il s’occupe de la liturgie, célèbre les offices et reçoit seul la confession des Frères. Les Frères Chevaliers-milites. On distingue cinq grades particuliers parmi les écuyers : le turcopolier ou chef des sergents, le sous maréchal responsable des armes, le cuisiner, le gonfanonier qui règle la discipline, le maréchal-ferrant. On compte environ 9000 commanderies. Le nombre des templiers est difficile à évaluer, entre 15 et 20 000 sans doute. Cette organisation qui s’appuie sur une réglementation très stricte relative au mode de vie, exigeant discipline collective, obéissance, règle du silence monastique, pauvreté, chasteté, explique la grande efficacité de cette armée sur le plan militaire aussi bien que politique et diplomatique. Aussi de nombreuses missions ont-elles été confiées à des Templiers par le pape. Sur le plan économique, ils contrôlent un véritable empire parallèle qui porte ombrage au pouvoir laïc et qui explique l’élimination de l’ordre en 1314, après son abolition par la bulle de Clément V, Vox Clamantis, en 1312. |
Structure et organisation de l'Ordre |
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Les templiers lors des batailles sont souvent placés en arrière ligne des armées croisées. Cela car les Turcs Seldjoukides attaquent fréquemment les flancs et les arrières de leurs adversaires. |
Lors des batailles |
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Chacun possède des armes et des armures identiques quand il va au combat. L’armure est constituée d’un bouclier triangulaire incurvé en bois recouvert de cuir, d’un camail (coiffe de maille) surmonté d’un heaume, de chausses de mailles et d’autres pièces en métal pour la protection des épaules et des pieds. Les armes utilisées sont l’épée a double tranchant, une courte masse a pointes, une longue dague et deux poignards. |
Equipement d'un Templier |
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Les Maîtres du Temple |
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Les Commanderies de l'Ordre templier États Latins uniquement, du nord au sud |
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Châteaux forts de l'Ordre des Templiers États Latins uniquement, du Nord au Sud |
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Parmi les responsabilités de l’échec subi par les croisés à Hattin, on pense autant au grand maître de l’ordre du Temple, Gérard de Ridefort, qu’a Raymond de Tripoli que certain soupçonnent de s’être converti à l’Islam. Il faut plutôt incriminer la faiblesse du pouvoir royal, les rivalités entre les grands lignages qui entourent le roi et surtout un essoufflement des capacités opérationnelles des Francs. A quoi il faut ajouter la stature politique et militaire de Saladin. Une des principales conséquences de la bataille fut la reddition sans combat de Jérusalem par un accord négocié entre Balian d’Ibelin et Saladin. Saladin feignit de préparer un piège avec l’attaque de Tibériade à peine défendue par les fils de Raymond de Tripoli. Certains comme le comte de Tripoli lui-même pressentait la provocation et prévoyaient les risques. Mais le courage aveugle du Maître du Temple faisant fi des dangers inhérent au combat dans le désert et se fiant a sa seule bravoure de chevalier, allié a un pouvoir de persuasion sinon de pression sur le jeune roi, Guy de Lusignan, mena a la catastrophe. La situation de départ montre Saladin, le 2 juillet 1187 au soir, menant l’assaut contre Tibériade, la ville de Raymond de Tripoli, avec une partie de ses troupes, installant les autres entre Tibériade et Saphorie. Les troupes franques sont essentiellement massées à Saphorie. Menaçant Tibériade, Salaldin cherche à attirer hors de Saphorie, en plein désert, les troupes franques. Le côté tragique de l’affaire réside dans la lucidité du personnage le plus intéressé, le comte de Tripoli, dont la famille est assiégée et qui recommande au roi de ne pas bouger, de laisser prendre Tibériade. Le roi est d’abord convaincu par la démonstration du comte puis cède aux pressions du Templier. A partir de là le désastre semble programmé. L’armée franque revêtue d’armures, lourdes et brûlantes, qui n’a pas prévu la soif, quitte les sources et affronte le désert. Saladin fait en sorte de combattre une armée en colonne alors que les Francs souhaitent une bataille rangée, l’armée est même coupée en deux. Le 4 juillet Raymond de Tripoli et Balian d’Ibelin sont parvenus a traverser les rangs musulmans, mais quasiment seul. Les Francs se regroupent autour de la vraie croix et se battent avec un héroïsme extraordinaire. Cependant le roi de Jérusalem, Guy de Lusignan est fait prisonnier ainsi que Gérard de Ridefort, Boniface de Montferrat, Jocelin d’Edesse et surtout Renaud de Chatillon. Saladin a enfin pris sa revanche contre le terrible Renaud. Il le fait entrer sous sa tente et l’abat. La route de Jérusalem est ouverte. L’armée franque ayant perdue toute capacité d’action, Saladin pousse aussi loin que possible ses offensives. Après s’être emparé d’Acre, il progresse en Galilée et en Samarie. Isolée de la côte, Jérusalem capitule en septembre. L’année 1188 est consacrée a des opérations de nettoyage. En 1189, les Etats Latins sont réduits a Tyr, à des débris du comté de Tripoli (Tripoli, Tortose, le Krak) et à Antioche, qui constituent toutefois des têtes de pont. |
La bataille de Hattin et le rôle joué par les Templiers (1187)
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